
Un autre jour, en arriavnt a Ban Don Khootai, la rumeur de notre passage court plus vite que nous, de maison en maison : "falang falang ...", qui signifie en lao francais et par extension occidental. A l'une des petites demeures, apparaissent au dessus d'un muret deux visages, l'un laotien, l'autre ... occidental ! Nous sommes tous surpris de nous voir la. Que faisons a pieds et charges comme des baudets sur cette route ? Que fait cet autre occidental, installe dans cette maison ? Dans notre etonnement, le dialogue n'est pas immediat et nous commencons a repartir. L'homme nous rattrape a temps en nous lancant "do you have time for a beer? - For sure!" De la, nous resterons les deux jours suivants aupres de nos nouveaux amis, et leurs deux compagnons canins.
San a 34 ans, est originaire du Laos, il est actif ici dans les travaux agricoles. Don, jeune retraite americain, a laisse ses biens de Miami pour cette petite ferme, qu'il gere au calme.

Nous tombons tous en affection, en un clin d'oeil. Nous aimons parler ensemble. Les jours qui suivent, nous planterons des oignons, visiteront villages et iles agricoles du fleuve. Avec Martin, nous nous installerons dans la cabane de bambou ou Don fait sa meditation, qui surplombe le Mekong, dans lequel nous realisons le reve d'y prendre un bain (suivi d'une douche!).
Don se plait a nous conter les anecdotes laotiennes et thai, population qui pratiquent le culte des esprits. En exemple :
- la maison voisine de Don et San est vide. C'est une grande maison de bois sur pilotis. La femme agee qui y habitait est decedee. Craignant un retour de son fantome, personne n'y met plus les pieds, de peur que la vieille dame ne leur mene ensuite la vie dure ( pour quelles raisons, je ne sais pas ...?). Le champ de cette dame etait donc inactif et Don decida de l'utiliser pour leurs plantations, trouvant idiot de laisser ces terres a l'abandon.

Le jeune laotien San, entretient depuis un petit autel au creux d'un arbre, de bougies et de fleurs, afin de ne pas s'attirer les foudres du fantomes.
- dans un village thai, une legende dit qu'une jeune femme morte continuerait de roder en fantome, a la recherche d'un epoux. A l'heure du coucher, les hommes se deguiseraient ainsi en femme, ... pour tromper l'esprit.
Le troisieme jour, il nous faudra reprendre la route pour avancer dans le voyage. J'ai du mal a boucler mon sac et je m'enerve. Lorsque tout est pret, il reste a se dire au revoir. en peu de temps, une affection pour toujours, telle la loi du voyage et l'intensite des rencontres qui y sont faites. Le depart ne fut pas sans emotion et pour sur, si nos routes se croisent a Paris, a Vienne ou en Asie, dans un an ou dans dix ans, on se fait signe.
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