samedi 26 juin 2010

Moscou-Irkoustk, suite et fin.




Vendredi 26 juin, arrivee a Irkoustk

Notre locomotive nous a tires jusqu a bon port. Nous avons traverse de vastes etendues, de nombreux kilometres et de l amitie, entre Moscou, Nijni-Novgorod, Kirov, Perm, Iekaterinbourg, Omsk, Novossibirsk, Krasnoiarsk, et Irkoustk. Si j avais pense m arreter entre Moscou et Irkoustk pour visiter davantage, c est sans regret aucun. La continuite de ces presque quatre jours de train m ont permis de partager de precieux moments humains et de commencer a aimer cette si grande Russie.


Il est six heures a Irkoustk, une heure a Moscou, vingt trois heures a Paris. Mes compagnons de route qui continuent jusqu a Vladivostok portent mon sac et m accompagnent dans la fraicheur du petit matin, sur le quai ou je dois les quitter, le coeur un peu serre. Accolades, photos souvenirs et meilleurs souhaits. Je suis emue.

Je sais que mon voyage sera marque de rencontres extraordinaires mais aussi de separations afin de continuer mon chemin.

Ultreia !


Moscou-Irkoustk, suite.


Mercredi 23 juin – Jeudi 24 juin

Les nuits sont courtes, l obscurite est tres courte, vers 2h30, le jour se leve. Je dors peu, un peu deboussolee par la traversee des fuseaux horaires et le rythme des jours. Le Rossiya beneficie d un luxe particuliers au regard des autres trains, il est dote d air conditionne qui fonctionne de facon aleatoire, je finis par etre bien enrhumee! Le the chaud est reconfortant, jusqu a la tasse du Rossiya et sa petite cueillere, gravee et semblant brodee de petites fleurs. La vie tourne tranquillement dans le wagon, les connaissances se multiplient. Jeux de cartes, de dames, discussions et silences, grignotage et sieste. Je commence a lire la vie d Olympe de Gouge amenee de Paris, j ecris un peu. Les passagers changent a quelques gares, une colonie d adolescents s installe dans le wagon, a destination de Vladivostok ou se deroule un grand camp de vacances, apparemment tres connu et important en Russie. Quelques adolescents osent le dernier jour venir m aborder, ils me questionnent sur mes motivations a voyager, si j aime leur pays et les russes, ils tentent ainsi de pratiquer leur anglais sommaire, encourages par leur moniteur.


Je fais egalement la connaissance de deux militaires, Serguei et Anton, le contact est tres sympathique, toujours grace a l aide du phrasebook. Ils me dispensent une lecon de russe, ce qui donna lieu a quelques fou-rires. Mon niveau d etudes en France parait peu credible au regard de ma maladresse dans mes exercices d ecriture en lettres cyrilliques et dans ma lenteur a dechiffrer les mots…

Cote musique, les garcons me font ecouter de la techno que je trouve abominable, evoquant pour moi les annees 90’, ils apprecient par contre les chanteuses francaises et se passeront en boucle “Etrange” de Dobacaracol, seduits par le romantisme francais.

Je note que les hommes russes savent etre des plus gentlemen, corrects et attentionnes. Denis, entre autres, se soucia toujours de mes repas, me prepara des salades (a laquelle, il ajoute une certaine dose de mayonnaise, tres appreciee par les russes apparemment !). Malgre l absence de langue commune, nous nous amenageons les uns avec les autres un “train train” quotidien ;-).


Le paysage continue de se derouler sous nos yeux et change un peu après Perm et Iekaterinbourg. Toujours tres vert et tres boise, il se vallonne, et je constate que le bois doit etre source de travail dans la region. Sur les abords des villages, les steres s amoncellent. Les maisons sont baties de bois egalement, et charmantes. Certaines sont demeurees couleur bois naturel, d autres sont peintes en couleurs pastelles et vives : bleu ciel, bleu turquoise, vert, rouge. Leurs toits ont parfois un style particuliers, ayant l allure de coques de bateaux.

Nous longeons par moment des cimetieres de wagons de trains et de tanks militaires rouilles. De plus attendrissant, nous apercevons aussi de petits villages, eglises et cimetieres de campagne, mignons : au milieu des champs sont plantees de petites croix en bois peint et l herbe est parsemee de fleurs et d herbes hautes. Tout cela me donne la douce impression de traverser Wallnet Grove, je ne suis pas loin d imaginer Charles Ingalls, version Russe.

Moscou-Irkoustk


Lundi 21 juin - mardi 22 juin

Depart lundi 21 juin a la gare de Ieroslav, au Nord Est de Moscou, quai n 3. Je monte a bord du Rossiya, train n 002, qui relie Moscou a Vladivostok. Deux provodnitzas accueillent les passagers a l entrée de chaque wagon. Je suis en Platzkart, la troisieme classe du reseau ferroviaire en Russie, economique donc. Le wagon n est pas compartimente, il consiste en quatre couchettes superposes par deux d une part du couloir, avec une petite table au milieu, et deux couchettes superposees d autre part, dans le sens de passage du couloir.

Le voyage commence facilement avec mes voisins, Irina et Pacha. Nous faisons connaissance avec l aide de mon phrasebook Francais-Russe. Arrive quelques stations plus tard Denis, installe en face de moi.


La premiere soiree est anime par Pacha, un homme d une cinquantaine d annees, qui degaine rapidement son ordinateur et fait defiler l ensemble de ses photos sur fond de chanson russe melancolique et d effets visuels. J aurais l occasion de les revoir, tentant d exprimer a nouveau chaque jour des impressions positives… Pacha semble travailler dur :Il exerce sur des chantiers de construction de conduits de gaz, entre autres au Nord de la Siberie, region pouvant etre totalement recouverte de neige a certaines periodes, avec des temperatures avoisinnant les -60 degres. Certaines de ses photos sont toutefois splendides, deserts de neige, enfants “esquimaux” et apparitions de rennes majestueux ou de petits renards couleur fauve ou blanche. Pacha se rend d une traite a Vladivostok pour des raisons professionnelles, il semble souvent loin de sa maison, sa “dom”. Il consomme quelque peu de la biere et dormira beaucoup durant le trajet. Tres accueillant, il m offre le second jour, des fraises des bois achetees sur le quai.


Irina doit avoir une quarantaine d annees, bien portante. Elle est mariee, a deux garcons de 11 et 19 ans, Alexandre et Maxime, et m explique etre economiste; elle rentre chez elle a Krasnoiarsk. Le mois prochain son aine part pour quatre mois d etudes en Finlande, elle me signifie apprehender cette separation et la distance. Ainsi, elle me redemandera plusieurs fois comment il se peut que je quitte ma famille si longtemps. Elle se montre tres attentive a moi, m aide a choisir et acheter les mets russes vendus par les femmes sur les quais lorsque le train s arrête un temps en gare : petits beignets de viande, petites omelettes de poissons, poissons fumes, desserts sucres.

Denis a 23 ans, il se rend a Vladisvostok pour du travail. Il vit a l ouest de la Russie avec sa mere et sa petite soeur, il a perdu son pere en 2005. Avec sept jours de voyage a venir, il est monte a bord avec de nombreux sacs que je compare rapidement a un mini market : il y a de quoi nourrir un regiment pour longtemps.

Les wagons sont sinon remplis de monsieur tout le monde, parents, tout-petits, enfants, babouchka, deux etudiants anglais, deux voyageurs suedois, des militaires. Les enfants surtout semblent apprecier la traversee transsibienne : tous jouent et rient comme des fous, grimpant et sautant d une couchette a l autre, et alimentant visiblement d imaginaires divertissants leur aventure.

Je suis surprise du confort finalement, trouve du repos a me laisser porter par le train, me laissant aller a mes reveries, regardant le paysage defiler par la fenetre. Le samovar nous offre de l eau chaude tout le long du voyage : plus que de la vodka (trop chere semble t il pour beaucoup de russes), nous buvons beaucoup de the et de tisanes.

Une fois sorti de Moscou, la ville et sa banlieue laissent place aux forets de bouleaux et de grands pins. Les couleurs sont au vert en toutes tonalites. Les prairies sont colorees par de jolies fleurs des champs, blanches, mauves, jaunes, et de petits rosiers sauvages qui bordent la voie.


Nous traversons egalement des villes industrielles, aux batiments massifs et aux grues giganstesques, des fleuves, et continuons d aller plein Est, au travers de la taiga.

lundi 21 juin 2010

J y etais !

T'shirt des JO de Moscou - 1980, j y etais. M y revoila exactement 30 ans plus tard... Ce petit ours a l air de bonne humeur, je suis ravie de cette trouvaille sur le marche!

Moscou













Entre les eglises gourmandises et les batiments sovietiques, Moscou m apparait contrastee.
Je reve de ces coupoles, imaginant cornets de glace, chantilly ou encore pepites de chocolat, recouvertes de feuilles dorees. Je suis emerveillee d apercevoir des dames dans les clochers de petites eglises, qui sonnent toujours les cloches, se balancant au rythme de la musique qu elles jouent, agiles et gracieuses.
En Russie, il ne fait presque plus vraiment nuit, l obscurite ne tombe vraiment qu entre minuit et trois heures du matin, cela change l impression temporelle. En soiree le ciel est d un bleu roi superbe.
Visite des grands lieux de la ville et de son folklore, la place rouge, le kremlin dote de cathedrales fantastiques, le mausole de Lenine embaume, l animation touristique, les monasteres, les parcs, les grandes rues, le metro en cyrillique, le fleuve Moscova,...
Dans la rue, je suis surprise de la sobriete des edifices, globalement inesthetiques, de la presence de publicites gigantesques prenant une place importante dans le decor , du contraste entre les grosses berlines vitres teintees et les vieilles Lada dont se languirait plus d un Bobo parisien. Si les jeunes femmes sont toujours particulierement appretees et sur talons hauts (dans un style plus ou moins reussi certes), les hommes sont tout a l inverse.
Peu extravertis au premier abord, il m aura fallu une soiree de danse latine au Rythme and Blue de Moscou pour decouvrir les moscovites au dela de leur pudeur. Sur la piste de danse salsa, ils deviennent des plus expressifs, plein d extravagance positive.



Paris-Moscou Juin 2010

Paris-Moscou, par les air, escale a Copenhague.