samedi 29 janvier 2011

Bruno !

Grand ecart en Inde, je repars de Nashik pour Delhi afin d'aller y chercher mon grand frere, Bruno. Il arrive le 29 decembre pour passer la semaine du nouvel an ensemble. Je suis contente, cela fait six mois que nous ne nous sommes pas vus. Retrouvailles a l'aeroport et premier jour a Delhi : street food, jus de fruits frais, balade, cadeaux de Noel. On etablit la semaine en triangle : Delhi - Agra - Jaipur. Ce sera une semaine 'sport', dans ces villes de haut tourisme, rabatteurs et rickshaws sevissent, proches du harcelement ...

Nous partons le lendemain pour Agra, bonheur du train et de ses retards fous, peu importe, nous nous sommes equipes avant de grimper dedans, d'un kilo de petit pois et de cacahuetes: grignotages principaux de notre semaine.


















A Agra le 31 decembre, nous visitons le fort rouge et partons passer la soiree du reveillon dans un joli restaurant ; la table est belle, l'atmosphere chaleureuse et tamisee, avec des musiciens donnant de la musique classique indienne. De retour a l'hotel, nous apercevons a minuit quelques feux d'artifices timides du haut du toit. Voila 2011, qu'elle soit une belle annee !
















Visite du Taj mahal le lendemain, qui fut edifie par Shak Jahan pour recevoir le corps de son epouse, morte en donnant vie a leur quatorzienne enfant (quand meme) en 1631. Le pauvre homme en fut si triste que sa chevelure se serait grisee en une nuit de chagrin. La construction du mausolee entreprise la meme annee se serait achevee en 1653. L'empereur ayant ete emprisonne par son fils apres le deces de sa dame, il n'aurait vu la fin de ses travaux qu'a travers les barreaux du fort. En 1666, il fut a son tour inhume au Taj, reuni a nouveau a sa bien-aimee.
Nous prenons quelques cliches classiques du Taj, majestueux, superbe, blanc dans le bleu du ciel, aux formes douces et a la taille megalo.















Direction ensuite Jaipur, trajet glace dans le train en wagon sleeper. Si les hivers indiens n'ont pour sur rien a voir avec les notres, il n'en reste pas moins qu'il fait bien frais et que batiments et transports ne prevoient pas les chutes de temperatures, ni quoi que ce soit pour se rechauffer. Balade dans la vieille ville rose, ceinturee d'un rempart, dans lequel s'elevent les palais de Maharajas, remparts dans les remparts, cours interieures, etages, couloirs...
En soiree, face au fatal piment, Bruno abdique avec moi et nous nous faisons un sweet diner, avec du lait chaud et de la carotte sucree a la cardamone !













Retour a Delhi pour notre derniere journee tout les deux, excursions dans un parc de la ville et sortie pedalo, pour faire un break au calme !
La semaine est passee trop vite dans le tumulte de l'Inde, Bruno rentre deja a la maison. Au moment de se quitter, je realise que c'est pour six mois encore...


jeudi 27 janvier 2011

NOEL !

J'arrive enfin a Nasik le 24 decembre au matin, aupres de la famille de Beena, grande amie de ma cousine Marie Francoise. Apres un long voyage, je suis contente d'etre parvenue jusqu'a elle. Beena, son mari Arun, et leurs deux (grands) enfants, me reservent un accueil vraiment chaleureux, c'est un vrai reconfort en cette periode de Noel. Ils sont hindous et ne fetent pas la naissance du Christ par consequent, neanmoins en ces jours speciaux, ils me proposent de les accompagner a une noce indienne, quelle vaine !




Le mariage est fait de differentes ceremonies qui se deroulent sur trois jours, chacune forte de symboles.
La veille eut lieu le premier jour deja, ou les femmes ont orne leurs mains et leurs pieds de motifs au henne. Elles ont egalement prepare une pate de curcuma ecrase. Le 24 decembre, second jour de noce, la mariee est vetue d'un sari jaune et ses proches l'en enduisent pour lui souhaiter differentes vertues feminines, entre autres la fecondite. Puis , dans un joyeux brouhaha, tout le monde en met a tout le monde, les visages sont jaunes et epices !
Le soir une celebration a lieu sous une tonnelle ou les maries sont benis par differentes personnes, avant un deuxieme temps plus festif avec le repas et les danses. Des jeunes filles et jeunes femmes proches de la mariee lui offrent des danses, comme sa soeur cadette qui envoute en un clin d'oeil les convives par son dynamisme et son charme. Les femmes sont splendides dans leurs saris, les tissus sont soyeux, brillants, scintillants, elles portent des bijoux en or, des boucles d'oreilles reliees a la chevelure, c'est magnifique.


Apres la fete, je pars avec Sai, la fille de Beena, et ses amis, apres qu'elle m'ait gentiment propose de m'accompagner a la messe de minuit. Je lui en suis reconnaissante, car je suis contente de celebrer Noel en Eglise.

Le 25 decembre, c'est le dernier jour de la noce. Beena me prete un joli sari, je suis ravie... je necessite d'un peu d'aide neanmoins pour l'enfiler et le fixer. Aujourd'hui a lieu le moment representant le depart de la jeune mariee, Manesi, pour aller vivre aupres de sa belle famille ( elle ira pour sa part vivre en realite dans quelques jours aupres de son mari, independant a Pune). Durant ce temps, une sorte de pretre psalmodie des textes, des cadeaux sont offerts a nouveaux entre les deux familles, puis Manesi va s'asseoir tour a tour sur les genoux des membres de sa belle famille qui la nourrissent de sucreries afin de symboliser son accueil et sa prise en charge a leurs cotes. Tout se passe ensuite dans l'emotion et les pleurs. La mariee quitte ainsi le nid parental, toute la famille est en larmes.
Je realise nos differences de modes de vie entre orient et occident. Par chez nous, au moment du mariage, le couple vit en general deja conjointement depuis un moment et la separation n'est pas tant marquee. Egalement, les jeunes mariees de chez nous ne sont plus soumises a leur belle-mere...








































Le soir la famille de Beena et leurs amis proches, m'offrent un beau moment de tendresse. Ils sont alles chercher un diner traiteur et surtout un fabuleux gateau au chocolat, aux amandes et a la grenade, pour me souhaiter de bonnes fetes. C'est une surprise ! Ils me chantent un joyeux anniversaire et un joyeux noel ... tradition indienne, ils me font manger tour a tour ma premiere part de gateau, c'est delicieux, et je suis heureuse d'avoir souffle mes 30 ans !
Beena me gate de son attention ces jours-ci, et m'offre l'une de ses tuniques que j'avais revetue pour le mariage, un bracelet de petites pierres et une serie de nombreux bracelets couleur or et bleu ciel afin de les marier a mon sari.

Les deux jours qui suivent, je suis Beena (a droite en rose, de bonne humeur avec ses amies) un peu partout, aupres de ses amis, pour se promener a Nasik, au marche et enfin a l'Alliance francaise ou elle enseigne le francais. Les echanges avec ses eleves qui sont en majorite des jeunes femmes, sont assez amusants. Comme nous sommes curieux des coutumes indiennes, ces derniers sont egalement tout a fait interrogatifs sur notre facon de vivre, plus particulierements sur les relations humaines, nos histoires de familles recomposees et l'independance des femmes. Entre autres, les jeunes etudiantes sont atterees d'apprendre que j'ai vecu seule quelques annees, me demandant avec empathie si cela n'avait pas ete trop dur, trop ennuyeux, trop triste de ne pas etre tous les jours avec ma famille !






J'apprends a connaitre aussi Sai (a droite), la fille de Beena qui a 24 ans Nous partageons ensemble moments et discussions de jeunes femmes. Elle travaillera a partir de juin pour six mois a Paris, nous prevoyons de nous retrouver la-bas avec plaisir.



















Merci...

mardi 25 janvier 2011

23 decembre 1980 - 23 decembre 2010

De la maternite de l'hopital Louis Mourier au Voyage ...

30 ANS !

Pour l'occasion, me voila coincee dans un train entre Delhi et Bombay : des manifestations sociales perturbent et freinent le traffic... c'est comme a la maison !
Les classes economiques etaient completes lorsque je pris mon billet de train, je suis en seconde classe A/C, confortable avec service de restauration inclus, quel luxe pour entamer la trentaine. Je suis entouree d'un australien, d'une anglo-indienne et d'une famille ourdoue de trois enfants : Aicha (15 ans), Abdullah (13 ans), et Fatima (12 ans).

Bavardages, lecture et ecriture. La maison me parait loin et me manque un peu pour feter cette periode. Je realise aussi que c'est Noel, mais pas de paquets cadeaux a faire, pas de Parly II en etat d'urgence, pas de grand froid non plus. J'ai tout de meme mon mini sapin de 20 cm, fait de guirlandes vertes et de petits boules rouges !

Les trois enfants qui parlent anglais, s'installent avec moi, leur pere les encourage a s'interesser au monde. Mignons, ils posent plein de questions sur l'Europe, la France, les maisons la bas, la nourriture, les epices, etc... Nous deplions la carte du monde, en comparant les populations, la taille des pays, les monnaies. Et Paris, ouiouioui, est donc une ville et non un pays ! Je leur offre une carte ou la tour Eiffel triomphe sur notre belle capitale, ils sont ravis, et moi aussi !




lundi 24 janvier 2011

Benares

Benares, ville de 1 211 749 habitants est l'une des grandes villes sacrees de l'Inde. Les pelerins hindous y viennent en pelerinage pour se laver de leurs peches, ou pour mourir. En effet, trepasser a Benares, permettrait d'atteindre la 'Moksha', liberation du cycle des reincarnations. Se passent ici quotidiennement les rituels de vie et de mort sur les ghats, le long du Gange. Sur deux principaux, ont lieu jour et nuit les cremations, rituels impressionnants, dont les femmes sont exclues : celles-ci, par leurs pleurs parasiteraient la montee de l'esprit du defunt vers le nirvana. Elles passent donc ce moment entre elles, sur une place quelques rues plus loin, ou je les decouvre nombreuses. Dans les ruelles de Benares, les hommes arrivent bruyamment portant les corps des defunts, etendus sur un brancard de bois ou de bambou, drapes de tissus scintillants, de guirlandes et de fleurs. La procession se rend jusqu'au fleuve, ou les proches versent une derniere fois l'eau sacree sur le visage de la personne decedee. Je vois une famille qui m'emeut. Malgre "la chance" pour sa mere de deceder en ces lieux, le fils d'une vieille dame s'effondre, c'est visible, face a la douleur et l'emotion de ce dernier soin, de ce dernier adieu. Sa famille vient le soutenir. Apres ce dernier bain, le corps est libere de tous les artifices decoratifs pour n'etre plus qu'entoure d'un drap blanc et depose sur le bois. La famille tournoie autour en l'encensant. Puis le feu est amene sous le corps ; le fils de la vieille dame souffre a quelques metres, les pieds dans le Gange, regardant une derniere fois sa mere. J'ai mal a cet instant pour cet homme, j'ai mal pour moi, j'ai mal de Papa. A Benares, je me sentirais melancolique, ville bercee par les fumees des corps brules. Malgre les croyances fortes et les espoirs d'une mort menant a la paix et a la serenite, ces gens souffrent comme nous, face a la perte d'une personne aimee.




Le Gange est entoure a l'Ouest par des champs desseches, a l'Est, par de magnifiques batiments coloniaux. Une promenade a l'aube sur le fleuve est magique ; je vis comme un reve de me trouver aux cotes de ce fleuve mythique, le Gange.
La lumiere du soleil s'approche de notre hemisphere, se reflete en rose et bleu sur le fleuve ou se reposent les barques. La lumiere est belle, douce, puis le soleil se leve rapidement au dessus de l'eau, il nous eclaire et nous rechauffe, tandis que les hindous accomplissent prieres et gestes de purification.






C'est dimanche et jour de lessive apparemment. Les draps blancs laves dans le Gange (blancheur etonnante au regard d'une eau totalement asphyxiee, ravagee, par les bacteries dont nous passerons les origines...) sont etendus le long des marches. Hommes et animaux se rechauffent d'un repos au soleil apres une froide nuit. Autour, enfants et plus grands se divertissent dans l'art du cerf-volant, ils sont peu a peu sans doute une centaine, losanges colores flottants dans le ciel.









Les buffles d'eau sont baignes et soignes par leurs maitres, les vaches deambulent librement dans la ville, les chevres vetues de t-shirts (car "elles sont aimees") vaquent a sautiller d'un escalier a un autre. De droles d'hindous, aux longs cheveux entortilles en locks, habilles de tissus oranges, ne font ... rien : ce sont les sadous, personnes qui se dedient a la vie spirituelle (n'est-ce pas...) Certains sont munis de triptyques, se devouant a Shiva, je reste toutefois sceptique et interrogative sur leurs pratiques. Certains occidentaux habilles de meme, semblent etre restes perches la, un peu egares dans un autre monde. Je me perds pour ma part dans les ruelles entortillees.










mercredi 19 janvier 2011

Inde !

Arrivee en Inde a Calcutta, le 15 decembre. L'aeroport est calme, plutot vide, cela ne ressemble pas du tout a ce que j'avais imagine, a ce que l'on m'avait decrit. Mais tres vite sur la route vers la ville, les rues s'animent et je decouvre l'agitation indienne, me voila dans ce pays tourbillon. Mon chauffeur roule... comme un chauffard, comme la majorite des chauffeurs. Ca klaxonne, ca double en tout sens, ca injure.
Il y a du monde, beaucoup de monde. Des vieux, des jeunes, des riches, des pauvres, des sportifs et des eclopes. Il y a des gens en extreme.
Il y a du bruit dans les rues. Dans les quartiers populaires, tout semble un peu casse et en mauvais etat. Certains coins ne sentent pas bons, l'urine. Mais des le debut, c'est beau et enivrant aussi. les taxis jaunes, les saris des femmes et les tissus colores, l'odeur des epices, l'encens, les patisseries a la fleur d'oranger et a la cardamone. Les gens ont la peau tannee jusqu'a noire sombre. Beaucoup ont des yeux clairs transparents et l'on reste fixe sur leurs regards percants. A Calcutta, la mode est "old school" pour les hommes. La tenue masculine de reference : un pantalon taille haute, un tantinet patte d'eph', une chemise beige, un pull sans manches, des lunettes vieux genre, la moustache. Je trouve ca assez chic dans sa vieillesse de style. Les barbiers de rue s'activent, les hommes s'entretiennent.











mardi 11 janvier 2011

Thailande

De l'Est du pays, je prends un train qui me mène a Bangkok. J'y arrive dans la nuit du 5 au 6 decembre, 5 decembre, date anniversaire du roi, celui-ci fetait ses 83 ans, la ville est en fete et scintille en tous sens ... Qui sait, peut etre la plus grande et megalo birthday party du monde ! Décalage radical avec la campagne laotienne, qui a cette heure de la nuit dort depuis bien longtemps ! Surprise aussi le lendemain matin de n 'etre réveillée que par les petits oiseaux... et oui, a huit heures, tout le monde dort apres avoir fait la bringue !
Je suis finalement agréablement surprise par Bangkok dont je n'avais en tête que de mauvais stéreotypes, qui plus est, les Thais, a l'image de l'Asie du Sud Est, sont souriants et agreables.



L'attente du visa depose a Bangkok prendra finalement plus de 48h, c'est donc loupe pour just "one night in Bangkok". Je pars pour la semaine à Prachuap, petite ville en bord de plage. Peu de touristes etrangers, une majorite de vacanciers thais en famille, l'ambiance y est paisible et bon enfant. je passe mes journées à me promener a vélo, profite de petites plages tranquilles, bordées par les temples bouddhistes et quelques collines.



Les petits singes de la ville m' occupent également de longues heures, je ne me lasse pas de les observer.
Le soir, la petite ville est animee d'un marche nocturne ou je mange petits crabes, calamars, woks et soupes.












Le 14 decembre, je récupère enfin mon passeport munis du visa indien; selon les dernières lois, les séjours sont plus courts que prévus : le cachet est pour trois mois et a simple entrée. Le prix par contre n'a pas change, environ 70 euros...



Le vol est booke, le 15 decembre 2010, je décolle de Bangkok, dans les airs vers les Indes !

















vendredi 7 janvier 2011

Souvenir du Laos et en route vers la Thailande








Dans ces lieux au rythme lent des pays chauds, nous avons adopte les horaires des poules, lever matinal et coucher a la nuit tombee. Nous aimons le riz, le riz et le sticky riz au pays ou "Sabadee" (bonjour) ouvre les coeurs. Avant de partir, Martin m'offre le tissu d'un sarong, jupe traditionnelle portee par les femmes et qui me laisse un tendre souvenir des rives du fleuve Mekong.

Nous partons maintenant vers la Thailande, par la route... attention on roule a gauche maintenant !