jeudi 23 septembre 2010

Mongolie

Je retrouve mes compagnons du Gobi a Ulan Baatar apres avoir fait une halte sur le retour a Mandalgovi, ville tranquille desert-desertique a mi-chemin entre Dalanzadgad et la capitale. Puis je monte a bord du train qui doit m'emmener jusqu'en Chine. C'est dur de me retrouver seule. Dans mon compartiment, d'autres voyageurs mais les affinites ne viennent pas de suite. Je dors beaucoup, c'est comme si me tombait dessus toute la fatigue physique des dernieres semaines de marche, de caravane, de bus chaotiques, de chaleur, d'aventure. Je leve une demi-paupiere de temps en temps pour contempler une derniere fois les immensites de la Mongolie.


Passage des frontieres sans histoire, j'etais allee auparavant faire aposer la signature manquante a mon visa mongol, au consulat ;-). C'est la nuit, les policiers passent dans les compartiments relever les passeports qu'ils nous ramenent peu de temps apres.



Je me sens melancolique de quitter ce pays, la marche y fut fantastique. Je croyais rever chaque jour, les paysages, les rencontres humaines. Etre appelee a la yourte et s'y arreter etait chaque jour une aventure. Trouver sa place, partager. Aussi l'espace naturel et la force qu'il impose, la halte qu'il oblige. Les orages, la pluie, le soleil, la chaleur, la lumiere et l'obscurite. C'est rassurant de se sentir si petite dans l'immensite, et le monde qui continue de tourner. Malgre tout.


La Mongolie laisse, c'est sur, de grands souvenirs.

A dos de chameaux

"Jeudi 29 juillet
Nous longeons toujours la dune de Khargorin, tandis qu'a notre droite la verdure se transforme peu a peu en aridite, laquelle se trouve parsemee d'une herbe calvitienne et de touffes de plantes piquantes et croquantes que nos chameaux semblent particulierement affectionner... Ils ne boivent pas durant trois jours et la rumeur court que cet animal pourrait passer quatorze jours dans le desert sans boire la moindre goutte d'eau, quelle etonnante constitution !










Notre camel driver nous arrete tot pour le dejeuner, la chaleur est ecrasante. La halte a lieu au contrebas d'une colline aux couleurs ocres des canyons. Nous y grimpons. D'en haut, j'observe les chameaux s'eparpiller doucement aux quatre coins du decor. Au sol, le sable gris-brun se pare de leurs mignonnes empreintes qui partent en tout sens et laissent apparaitre l'oranger du sable de dessous.

Tentative de se construire de l'ombre avec nos sacs et chales. Il fait tres chaud sous le soleil de Gobi, excepte notre troisieme jour de caravane, ou nous serons sous les rafales du vent! La dune est toujours aussi belle."




"Vendredi 30 juillet
Le jour de notre retour, Botsboir nous arrete aupres de l'un de ses troupeaux et nous assistons au spectacle de la capture de l'une de ses betes. Il l'approche et commence un jeu d'approche et d'evitement entre lui et l'animal. Il parvient en douceur a passer son bras autour du cou de la bete, de facon nette, precise et calme. Un ultime combat plus offensif lorsque Botsboir decide de passer une laniere aux nasaux de la bete. Cette derniere en defense et signe de mecontentement, lui crache toute l'herbe longuement premachee au visage et se demene pour echapper a l'assaut, en vain. L'homme a le dessus.
(...)
Au retour, nous avons un accueil formidable et un repas de roi avec du tsuivan, nouilles sautees au mouton dont je suis gourmande. Traite des chamelles qu'il faut negocier auparavant avec les chamelons. Vodka pour certains qui s'endormiront vite ! Nuit au chaud, dans la grande yourte. Bien etre."

Gobi Desert

Arrives a Dalangadzad avec Frederic, mon compagnon de bus, nous rencontrons Anna et Martin, deux autrichiens venant d'achever leurs six premieres annees de medecine a Innsbruck. Martin a egalement demarre son voyage a Moscou, quatre mois plus tot, et nous avons en commun une route peregrine jacquaire. Anna, une amie de faculte, l'accompagne pour quelques semaines.

Apres des echanges qui sonnent bien, nous decidons de partager un vehicule pour se rendre a la reserve Saikhan Gurvan. Je leur fais part de mon reve d'aller a dos de chameau afin d'avancer le long de la dune qui entoure le desert de sable. Tous sont partants pour une telle aventure.

Nous louons un vehicule et les services de Tulaa, notre chauffeur. La route est belle a l'heure crepusculaire, la lumiere rend la vallee merveilleuse; il me semble que les collines vertes, eblouies de dore sont toutes douces. J'imagine etre geante et caresser ces doux reliefs du bout des doigts. La nuit tombe, Tulaa continuera tardivement la route, se reperant habilement dans l'obscurite des vallees desertiques.




Notre equipee est joyeuse et sympathique. C'est aupres de la famille de Bolstaya que nous louons des chameaux apres une entente facile. Son mari Botsboir nous accompagnera. L'entente avec cette famille sera complice, il sera dur de se quitter quelques jours apres.





Mon chameau devient vite Momo le chameau. ma bete et moi seront toujours a la traine, Momo grignote et marche a une allure tortuesque. Parfois sa paresse lui vaudra de devoir passer au trop pour rejoindre nos camarades, plutot marrant !

Du sol sec et rocailleux, nous traversons des herbes grasses et bien vertes avant de rejoindre le sable. Les dunes cremeuses sont douces au regard et laissent aller aux emotions, au rythme tranquille des camelides. Nous avons la chance de vivre 'les puits du desert'. C'est incroyable enfin d'en rencontrer un. L'eau de source sort comme de nul part et est glacee. En quelques minutes nos bouteilles d'eau minerale plongees dedans en ressortent fraiches ! Nous les buvons avec avidite avant de les re-remplir aussitot. Source et puits donneront un sentiment de magie du desert.


"in the desert, you can't remember your name...."



























Vers le desert

Retour a UB pour rejoindre ensuite Dalanzadgad, en bus. Ce dernier est bien rempli, je trouve la derniere place assise in extremis trois minutes avant qu'il ne parte. J'y rencontre Frederic, 34 ans, ancien ile de francois, etabli maintenant a Grasse. Sympathie spontanee !
L'allee centrale explose de bagages et paquets sur lesquels on se laisse tomber peu a peu, dans le sommeil fatal des transports en commun. Le debut du trajet est bien vert, puis l'herbe n'apparait bientot plus que par touffes. Le sable s'immisce doucement dans le decor : sol de sable dur, de cailloux. Des dunes commencent a s'elever au loin. J'apercois des troupeaux de chameaux, couleur camel et blanc. La rumeur court qu'il y aurait dans le Gobi des chameaux sauvages : robustes, la vue et l'ouie particulierement developpees, ils echapperaient a tout danger et capture.
L'horizon a perte de vue, parfois, on ne voit pas la fin, on ne differencie plus ciel et terre. L'aridite. Et je me reve a dos de chameau.
La lune se montre dans le ciel bleu qui se farde d'un blanc fin et transparent. Elle fait face au soleil qui se couche , en degrades de rose-oranger. La lumiere se tamise, le jour prend fin, nous arriverons de nuit a Dalanzadgad. Une longue journee chaude et serree ou l'on se dispute un peu l'espace, et au cours de laquelle nous observons avec Frederic - un peu perturbes, nos voisines amusees de jeter leurs dechets par la fenetre, papiers et bouteilles en plastiques. Elles felicitent le plus jeune de la famille - environ deux ans, lorsqu'il parvient a faire de meme. La, nous sommes completement ahurris d'une telle education ecologique ! Les gens n'imaginent pas que ces bouteilles mettront des siecles a se degrader... Pour sur, en Mongolie, il y a de l'avenir dans le traitement de dechet.
La nuit tombee, j'abdique face a mes voisins envahissants, les deux s'endorment de chaque cote !
Dix heures de routes ont calme mon excitation de depart vers le sud, je suis epuisee et sereine. Je mets mes boules quies pour profiter de mon calme et du paysage crepusculaire. Des passagers descendent au milieu de nul part, des motos ou chevaux arrivent pour les ramener on ne sait ou, aupres d'une yourte familiale.
Une fois dans l'obscurite totale, un ecran a l'avant du bus s'illumine (etonnant dans un bus plutot ravage !). Clips videos de chanteurs mongols populaires. Les gens connaissent par coeur les chansons qui semblent tragiques, traitant des traditions et d'amour. C'est sympathique.
Arrivee a Dalanzadgad apres quatorze heures de routes.

Marche dans l'Ovorkhangai

La marche est aisee, le chemin est bien indique : nous suivons la riviere! Le decor est splendide, verdoyant, zen au possible, les chevaux toujours plus nombreux- parfois curieux, parfois peureux, le betail, les yourtes, et le relief est ideal. Avec Manon et Marie, nous sommes de bonne humeur et faisons connaissance facilement. Nous dormirons tantot sous la tente en bivouac improvise, tantot aupres d'une yourte apres un diner partage, tantot sous la yourte. Les nuits seront tres fraiches, les reveils fantastiques, et je crois chaque jour reve de la beaute de la steppe.

"Samedi 17 juillet
Belle journee de marche, il fait chaud le matin et orageux en apres-midi. Un eclair ne tombe pas loin et nous faisons une halte aupres d'adolescents qui nous helent de leur yourte au moment ou la pluie se met a tomber. Ils nous offrent un bol d'airag, le lait de jument fermente auquel je ne parviens a m'habituer. Son aigreur ne reussit pas a seduire mes papilles... Nous reprenons la route une bonne heure plus tard, avec l accalmie du ciel. Apres une heure et demie de marche, nous sommes a nouveau appelees a rejoindre une yourte ou nous acceptons l'invitation d'y passer la soiree. Nous sommes chez Ganbaatar et Sainbileg. Des acheteurs sont la, et Sainsileg prepare les tripes et boyaux du mouton depece. Elle se met ensuite a la cuisine pour nous. Je tente de faire mes premiers pas en cuisine mongole sans grand succes, il faut force et vigueur pour traiter avec le rouleau a patisserie.. Pate a base de farine et d'eau, on laisse reposer, on coupe, on roulotte pour constituer de grandes crepes a faire dorer sur le grand wok un bref instant. L'eau est sur le feu, la viande sechee y est jetee et se rehydrate, les pates coupees en fines lamelles seront lancees ensuite dans ce bouillon. La voisine est venue discuter pendant ce temps, le son de la langue est guttural. Les femmes rigolent. La yourte est ouverte par la porte et sur le centre du toit d'ou sort le conduit du poele qui rechauffe la piece et sert de fourneaux. Autour du poele, les deux piliers de la yourte, entre lesquels il ne faut en principe pas passer. La yourte est grande, decoree, coloree, et du mouton seche au plafond. La cuisine a l'entree, les lits organises le long de la toile qui forme un cercle, quelques meubles, un autel avec l'encens et le petit moulin a prieres. Comme a l'habitude a l'arrivee dans une famille, nous passons un moment a echanger sur nos vies et parcours grace a l'aide d'un petit dictionnaire francais-mongol, on partage les photos de famille, des amis, on etale la carte du monde que je ne quitterai pas durant mon long voyage. On y admire ensemble comme le monde est grand, comment se situent nos pays, les drapeaux.
Ce soir la, apres l'orage, les nomades nous appelent a sortir de la yourte pour admirer la nature : la lumiere du coucher de soleil est fantastique et l'arc en ciel extra-ordinaire, entier. Emotions.
A pied, tout est autrement, la marche prend tout son sens dans la rencontre humaine qu'elle permet. Je pense que ce creux de vallee est un veritable tresor, aux pieds de l'arc en ciel."

"Lundi 19 Juillet
Depart matinal, une belle journee vallonee. Nous traversons le decor de bonne humeur et en forme. Nous recroisons quelques cavaliers sympathiques, entre autres le jeune homme qui servit de guide a Frederic Lopez et Bruno Solo dans Rendez-vous en terre inconnue. Il parle un francais parfait.
Saluts aux abords des yourtes avec les nomades qui sont toujours tres amuses de notre deplacement a pieds : cela leur semble totalement aberrant, ils nous proposeront toujours de nous accompagner en moto ou a cheval. parfois une distance est de mise a l'approche de regroupements de yourtes, ou les chiens tiennent avec vigueur leur role de gardien. Nous feignons souvent de ramasse des pierres pour les faire reculer et nous sommes munies en route de batons.
Les prairies sont jonchees maintenant des pierres volcaniques noires qui ponctuent le vert des steppes. Nous approchons vite de notre objectif, les chutes d'Orkhon - mots imprononcables en mongol, malgre notre entrainement quotidien. Journee de grosse chaleur, Marie sera malade durant la nuit, sans doute d'une mauvaise insolation. Ce sera mon tour quelques nuits plus tard, en route vers Khujirt. (...) "
Apres avoir atteint les chutes d'Orkhon, nous reprenons route vers Khujirt, village d'eaux thermales. Nous y louons a un eleveur pour une journee des chevaux pour gouter au plaisir de l'equitation dans la steppe. Tres grande emotion au premier galop, sourire spontane, rigolade! Je n'avais jamais pense reussir a galoper comme cela et je trouve confiance en mon canasson. Nous souffrons par contre de vives douleurs aux genoux et egalement de notre posterieur car les selles mongoles de bois et arquees nous laisseront quelques sequelles!
Assoiffees en fin de journee, l'ultime galop qui nous ramene au village est intense. je me sens vivre, autant dans la douleur que dans l'euphorie et l'excitation du galop dans la steppe.

Kharkhorin

D'Ulan Baatar a Kharkhorin, le trajet en bus est beau. Retour des vallons verdoyants apres la ville. Les yourtes, les troupeaux signalent la presence des nomades. Je souhaite me lancer dans une randonnee pour decouvrir le centre du pays. Je rencontre a Kharkhorin deux jeunes femmes belges etudiantes en sociologie, qui marchent deja depuis une dizaine de jours deja. Je me joins a elles afin de se rendre ensemble aux chutes d eau d Orkhon, a cinq jours de marche de la. Nous trouvons renseignements au cafe 'Morim Jim' de la ville, tenu par des francais. Francois-Xavier nous raconte le rude hiver qu'ils ont passe entre 2009 et 2010. Les temperatures sont descendues jusqu'a moins 53 degres. Il explique ensuite qu'une humidite inhabituelle venue par la Chine s'est ajoutee a des vents tournants. Les enclos pour les betes n'ont pas suffi pour les proteger, mal orientes au regard de ces changements climatiques soudains. Durant quatre jours, les hommes n'ont pas pu sortir en raison du froid. Quand ils ont pu retourne voir leurs betes, une partie etait morte de froid; ils durent abattre celles qui agonisaient encore. Au total, en quatre jours de temps, vingt quatre chevaux sur cinquante neuf sont morts. On ressent dans le recit de cet homme, la durete des evenements, l'abattement moral et l'impuissance des hommes face aux dereglements de la nature, aux aleas incontrolables du climat. Regulierement dans la steppe, nous croisons les betes mortes des derniers hivers qui jonchent le sol.
Ce sont de tels problemes qui amenent, entre autres, les nomades a rejoindre les abords des villes, par trop perte de leurs troupeaux, demunis de leur moyens.

A Kharkhorin, visite d'un monastere ou vivent des moines bouddhistes. Une celebration y debute, tous les moines se rassemblent, chantent et jouent d'instruments a vent ou de percussions. Tout est tres esthetique, le rouge et le dore des tissus, les voix, les instruments, les offrandes de fruits, de bonbons, de chocolats, l'encens et d'immenses vases d airag, le lait de jument fermente. Tout est autour des sens, l'ouie, l'odorat, la vue, le gout, le toucher. Des peintures murales et des peintures sur soie recouvrent le moindre centimetre de mur ou de plafond, tout est tres colore.

mercredi 22 septembre 2010

Coupe du monde !

Coupe du monde 2010 !

Dans le grand pub d Ulan Baatar, les supporters des Pays Bas et de l Espagne attend le coup de sifflet a deux heures du matin... Supporter de l Espagne, je profite d un table espagnole et hispanophone et passe une soiree fort sympathique et victorieuse :-).


Naadam, UB.


Le Naadam est la fete nationale mongole, qui se deroule en general du 11 au 13 juillet, parfois plus tard a la campagne. Les gens se retrouvent en famille, entre amis. Ils participent ou assistent a trois principales activites : la lutte, le tir a l arc et les courses de chevaux.




Le dimanche 11 juillet, les festivites demarrent sur Subaatar Place, orchestre solennel et garde cavaliere defilent jusqu au grand stade. Il est plein a craquer et les gens sont equipes de parapluies, pour se proteger du soleil d abord, puis de la pluie, qui s'abat sur la foule en fin de matinee.


Armee, police et garde cavaliere se rejoignent sur la pelouse en suivant des choregraphies de lutte martiale, des exhibitions de tir a l'arc et de galops. Des parachutes s elancent du ciel avec en toile des drapeaux. Le stade chante d'une seule voix l' hymne national et le president s'exprime. Puis tres vite, commence une longue procession de sponsors... qui n'en finit pas et semble faire partie integrante de la ceremonie, et la cloture finalement. Surprenant et un peu decevant. Les epreuves de lutte demarrent ensuite, plus tard j' assisterai a l'arrivee d'une course de chevaux en campagne, et egalement a un defile de costumes traditionnels, tres beau, haut en couleurs, tissus et attributs, qui permettent de reconnaitre les origines ethniques et la situation sociale de chaque individu. On mange des plats traditionnels, tels des beignets de moutons.











Ulan Baatar (juillet 2010)

A Ulan Baatar, je rencontre un contact, Byamba. Mongole, elle a 40 ans, travaille en province la semaine et rejoint la capitale le week end. Elle me presente sa famille chez qui je serais hebergee quelques jours. Sa soeur et l epoux de celle-ci qui est coreen, sont locataires d un trois pieces eloigne du centre. Ils ont deux petits en bas age; Byamba et l une de ses nieces etudiantes, occupent une chambre que je partagerais avec elles.
Byamba evoque le salaire moyen mongol d environ 300 dollars, qui stagne, et le cout de la vie quotidienne qui augmente chaque annee, les premieres manifestations sociales de la population depuis peu.
UB n est pas tres jolie. Blocs d immeubles sovietiques et sans charme. Absence de toute harmonie architecturale. Beaucoup de batiments sont a moitie construits, les travaux sont arretes en court. En exemple, un hotel Hilton laisse en plan il y a quelques annees, les piliers se delabrent peu a peu, et les grues demeurent a cote. Le cote nature des temples surprend au milieu de la ville qui s est construite autour.
En centre ville, le department state store trone, des clips publicitaires defilent sur un ecran geant, des 4*4 circulent. Selon Byamba, un grand fosse se creuse entre classes aisees et demunies.
Les yourtes aux abords de la ville s accumulent. Les nomades rejoignent la capitale esperant y trouver emploi. Des detritus entourent UB, le traitement des dechets n etant pas organise ici, faute de moyens.
Ici, a la capitale, les gens parlent un peu anglais, cela facilite les echanges. La ville est remplie ces jours-ci, en preparation du Naadam, la celebre fete nationale. Les pickpockets sevissent aupres des touristes dans la foule, j y laisserais mon baladeur mp3... et balancerais mon sac a main dans la figure d un second voleur m ayant adresse un doigt d honneur apres que je l ai surpris la main dans le sac justement .... non mais oh !

Mongolie, vers Oulan Bator.

Le bus qui m emmene vers Oulan Bator s arrete dans un decor plutot miserable apres la frontiere. Un enfant fait la manche, des batiments s ecroulent, le ciel est grisaille et crachouille. je sature de mon voisin bien portant qui s etale de mon cote, pourtant il finit par me lancer dans un sourire " welcome in Mongolia!" et se presente. Alors, je retrouve le sourire car j ai la chance d etre accueillie.
Plus loin le decor s adoucit. Des vallees vertes, des points blancs deviennent yourtes et animaux en s approchant. Je profite du paysage, la colere du poste frontiere s eloigne.
Vaches, chevres, moutons, chevaux et chameaux... le paysage devient poetique, c est beau.
Je suis pressee d ecrire a ma plus grande niece qui a dix ans. Elle reve de la Mongolie et se passionne d equitation. Elle attend impatiemment des nouvelles depuis ce pays lointain. Alors, je suis emue d y etre, je vais pouvoir lui dire que la campagne promet d etre des plus belles et que les chevaux il y en a plein. Pour de vrai.

Postes Frontieres - 8/07/10


Poste frontiere russe

Descente du bus, chacun recupere ses effets et s immisce dans la queue du poste frontiere. Je realise avant mon passage, ne pas retrouver la carte d immigration remplie et tamponnee a l arrivee dans le pays...evidemment. Les policieres sont aimables et me conduisent dans leurs bureaux pour reetablir un nouveau document. Je remonte vingt minutes plus tard dans le bus qui m attend...mes co-voyageurs me regardent, intrigues de cette longueur a la frontiere.


Poste frontiere Mongol

De nouveau, sac au dos, longueur, patience. J ai deja effectue mon visa au consulat parisien, pourtant le policier qui examine mon passeport s attarde. Finalement, un homme, la trentaine, costume-cravate , bronze, sur de lui arrive et s empare de mon passeport. Je le suis, comme indique dans les guides de voyage, je ne quitte pas des yeux mon precieux document. Il passe divers coups de fil, en informant de mes coordonnees... je ne comprends pas du tout ce qui se passe. Il finit par me dire "ok". Je retourne au controle mais de nouveau on ne tamponne pas mon entree dans le pays. Personne ne m explique le probleme, on photocopie mes papiers, puis par miracle les langues - et l anglais, se delient "you have to pay".Je refuse, j ai deja paye soixante euros pour ce visa, c est suffisant.
Je comprends qu une signature manque sur mon visa, mais cela n est pas de mon fait mais de leur administration. J exige aupres de l homme bronze qui est de retour, que l on contacte ensemble, consulat et ambassade. Les portes s ouvrent alors " you can go". Un debut sur le sol mongol...plutot sous le signe de l economie souterraine !

lundi 20 septembre 2010

Ulan Ude, derniere ville de Siberie

D Arshan, je rejoins Ulan Ude, par la route (le bus s averera nettement plus economique que le train pour certains trajets). La route suit les rails qui bordent le lac baikal, la vue est parfois magnifique et prolonge le reve du Baikal.
Arrivee a Ulan Ude, la tete geante de Lenine trone ici sur l une des places principales.
Ulan Ude est une ville charmante, nous sommes ici a l Ouest du Baikal en Bouriatie, les visages changent, les temples Bouddhiques se multiplient et l on se tourne vers l Asie.
Sans doute tres terne en hiver, la ville est a cette periode estivale tres gaie. Les rues pietonnes sont remplies; beaucoup d animations pour les plus jeunes donnent un fond sonore, musical ou bruyant. Je profite une derniere fois de la Siberie, les eglises orthodoxes aux clochets fantastiques, les maisons de bois, aussi les buildings sovietiques.
Le passage de la frontiere s accelere : les trains sont excessivement chers ou pleins, je me tourne vers la solution du bus. Ces derniers sont egalement pleins excepte une derniere place le lendemain a 7h00 au matin. Je veux etre a Ulan Baatar pour le Naadam, je me saisis du billet.
Ulan Ude - Ulan Baatar represente 12 heures de bus. Au Revoir Russie...