jeudi 12 août 2010

Arshan - Juillet 2010

De l ile d Olkhone, retour a Irkoustk, ou je finis par trouver en fin de meme journee, un minibus, pour me mener jusqu a Arshan, dans les Montagnes Russes. La route est tres belle comme souvent, la lumiere de fin de journee adoucit les paysages de foret dense.
Arshan se niche au creux des montagnes et se trouve etre en fait tres touristique car ses eaux sont reputees comme benefiques pour la sante. De nombreux russes viennent ici en cure thermale ... les batisses sovietiques leur servant de logement me laissent peu reveuse, au regard du cliche idyllique que toute bonne francaise se fait d un sejour thermal !
Je loue pour ma part une chambre dans une pension familiale, ecartee du centre un peu trop touristique a mon gout.
Le village est plutot mignon, une fois passee la principale rue de boutiques et attrape-touristes en tout genre. Les rues sont sablees, bordees toujours de jolies maisons de bois et de vaches qui semblent vivre ici une vie assez paisible !
Trois jours de balades montagneuses, parfois nuageuses, souvent tres infectees de moustiques. En foret, les arbres sont ornes de tissus jaune, bleu, vert, rouge, blanc, et temoignent du bouddhsime pratique dans la region. Sur les routes, j apercois les premiers temples. Plus haut, en montagne, les neiges eternelles qui alimentent rivieres et cascades du village.

Ile d Oklone - Juillet 2010

D Irkoustk, une journee de minibus et de courte traversee en bateau, m amene a l ile d olkhone. C est avec une certaine emotion que je foule mes premiers pas au coeur du Baikal.
Je rejoins le village central : quelques arteres principales de sable, les maisons sont bordees de clotures en bois, les vaches se baladent tranquillement au meme titre que les hommes. Dans la rue, on mange de l omoul, poisson du lac, en general fume ou cuit a la vapeur. Un delice qui marque les doigts d une certaine odeur pour quelques jours quand meme !
Le premier jour est tres pluvieux et froid, je me resigne a peut etre faire le tour de l ile en voiture car je ne suis pas equipee pour une telle meteo. Heureusement le second jour se leve avec le soleil, je suis chanceuse : un grand ciel bleu appelle a la marche. Je me deleste de quelques kilos a l auberge et part plein Nord avec mon sac, ma tente, quelques reserves alimentaires, le lac se chargeant de me garantir de l eau potable a volonte !
Partie donc a pied du village Khujir, je suis remontee durant deux jours vers le nord jusqu au Cap Kaboi, allongeant de quelques kms le chemin initial, trop tentee d aller et venir entre plaine et plage. Ce fut fantastique, j ai cru rever : a l Ouest le Baikal superbe et immense, a l Est, la taiga et les plaines parsemees de troupeaux.
Le deuxieme jour fut par contre plus difficile physiquement, encore un peu trop chargee et pas le moindre espace ombrage, je n en pouvais plus d arriver au bout de ma journee et de l ile.
Melange d effort, de difficulte et de pure beaute : Sensation extraordinaire et depassement de soi, auquel s ajoutait la surprise de chaque creux de colline, ou chevaux et vaches s abreuvaient le long de petits etangs ou de la rive. Egalement des rapaces qui planent, plaines fleuries, marmottes et papillons, palettes de couleurs, ... incroyable !
Nuit au bord de la plage, plutot courte! quelques familles russes campant non loin faisaient la fete, j ai fini par accepter de trinquer a quelques reprises ( dur dur la vodka...), le repas fut consequent aussi.
Voila, ce fut une courte aventure, plus que belle et un avant gout des steppes mongoles, ne croisant rien ni personne le second jour ... fantastique d etre seule dans une telle nature.
Retour au village en stop, apres avoir retrouve une piste plus touristique, epuisee de ces deux jours, 50 kms en modeste relief mais quand meme..., et de seulement trois heures de maigre sommeil.
Le troisieme jour, randonnee plus douce sur les vallees du centre de l ile, et de loin, le lac se pare de multiples teintes paradisiaques avec les reflets du soleil.

Amitie sur l ile avec Serguei, le bedeau de l eglise du village. Il parle parfaitement francais et devient mon ami le temps de quelques jours. Il est marie a Anastasia et tout deux ont un charmant bambin dun an, Slairoslav. Je decouvre avec eux l importance des icones dans la religion orthodoxe. Le petit clocher de l eglise est installe sur un trepier le long du baikal, au devant de l eglise et Serguei en joue souvent, pour les differents moments de la journee ou pour une arrivee, qu il fete egalement en offrant aux visiteurs un bon vin chaud.

Heureux passage donc sur l ile d olkhone.

Irkoustk - Juin 2010

Irkoustk, je m y arrete quelques jours, comme point de depart autour du baikal. Comme la majorite des villes russes rencontrees, elle n est pas particulierement jolie et attrayante, mais j y ressens une atmosphere agreable et j aime y flaner. La promenade le long du fleuve est lieu de romances, des cadenas attaches a la rampe symbolisent l amour scelle par les jeunes maries.
Le centre est assez chic avec des rues commercantes, de belles maisons en bois. Les bordures de toit sont comme de bois brodees, c est ravissant. En s eloignant un peu, ces dernieres cotoient cependant des HLM sovietiques qui refletent davantage de pauvrete. Certains paraissent totalement insalubres et semblent s effriter. Ici l eau courante ne s etend pas partout, quelques pompes de puits ponctuent les entrees de rues, les gens viennent y puiser l eau munis de leurs jerricans. Plus on s ecarte du centre plus la precarite est visible.
Les rues sont souvent en drole d etat et de terre, j imagine qu au regard des differences de temperatures ete/hiver, il est difficile de faire autrement.
Visite des maisons des decembristes...je songe aux romans d Henri Troyat, "la lumiere des justes" tant adoree, j imagine son heroine, Sophie De Champlitte, ayant suivi son mari Nicolai, deporte en Siberie dans les Goulags alantours.