samedi 26 juin 2010

Moscou-Irkoustk


Lundi 21 juin - mardi 22 juin

Depart lundi 21 juin a la gare de Ieroslav, au Nord Est de Moscou, quai n 3. Je monte a bord du Rossiya, train n 002, qui relie Moscou a Vladivostok. Deux provodnitzas accueillent les passagers a l entrée de chaque wagon. Je suis en Platzkart, la troisieme classe du reseau ferroviaire en Russie, economique donc. Le wagon n est pas compartimente, il consiste en quatre couchettes superposes par deux d une part du couloir, avec une petite table au milieu, et deux couchettes superposees d autre part, dans le sens de passage du couloir.

Le voyage commence facilement avec mes voisins, Irina et Pacha. Nous faisons connaissance avec l aide de mon phrasebook Francais-Russe. Arrive quelques stations plus tard Denis, installe en face de moi.


La premiere soiree est anime par Pacha, un homme d une cinquantaine d annees, qui degaine rapidement son ordinateur et fait defiler l ensemble de ses photos sur fond de chanson russe melancolique et d effets visuels. J aurais l occasion de les revoir, tentant d exprimer a nouveau chaque jour des impressions positives… Pacha semble travailler dur :Il exerce sur des chantiers de construction de conduits de gaz, entre autres au Nord de la Siberie, region pouvant etre totalement recouverte de neige a certaines periodes, avec des temperatures avoisinnant les -60 degres. Certaines de ses photos sont toutefois splendides, deserts de neige, enfants “esquimaux” et apparitions de rennes majestueux ou de petits renards couleur fauve ou blanche. Pacha se rend d une traite a Vladivostok pour des raisons professionnelles, il semble souvent loin de sa maison, sa “dom”. Il consomme quelque peu de la biere et dormira beaucoup durant le trajet. Tres accueillant, il m offre le second jour, des fraises des bois achetees sur le quai.


Irina doit avoir une quarantaine d annees, bien portante. Elle est mariee, a deux garcons de 11 et 19 ans, Alexandre et Maxime, et m explique etre economiste; elle rentre chez elle a Krasnoiarsk. Le mois prochain son aine part pour quatre mois d etudes en Finlande, elle me signifie apprehender cette separation et la distance. Ainsi, elle me redemandera plusieurs fois comment il se peut que je quitte ma famille si longtemps. Elle se montre tres attentive a moi, m aide a choisir et acheter les mets russes vendus par les femmes sur les quais lorsque le train s arrête un temps en gare : petits beignets de viande, petites omelettes de poissons, poissons fumes, desserts sucres.

Denis a 23 ans, il se rend a Vladisvostok pour du travail. Il vit a l ouest de la Russie avec sa mere et sa petite soeur, il a perdu son pere en 2005. Avec sept jours de voyage a venir, il est monte a bord avec de nombreux sacs que je compare rapidement a un mini market : il y a de quoi nourrir un regiment pour longtemps.

Les wagons sont sinon remplis de monsieur tout le monde, parents, tout-petits, enfants, babouchka, deux etudiants anglais, deux voyageurs suedois, des militaires. Les enfants surtout semblent apprecier la traversee transsibienne : tous jouent et rient comme des fous, grimpant et sautant d une couchette a l autre, et alimentant visiblement d imaginaires divertissants leur aventure.

Je suis surprise du confort finalement, trouve du repos a me laisser porter par le train, me laissant aller a mes reveries, regardant le paysage defiler par la fenetre. Le samovar nous offre de l eau chaude tout le long du voyage : plus que de la vodka (trop chere semble t il pour beaucoup de russes), nous buvons beaucoup de the et de tisanes.

Une fois sorti de Moscou, la ville et sa banlieue laissent place aux forets de bouleaux et de grands pins. Les couleurs sont au vert en toutes tonalites. Les prairies sont colorees par de jolies fleurs des champs, blanches, mauves, jaunes, et de petits rosiers sauvages qui bordent la voie.


Nous traversons egalement des villes industrielles, aux batiments massifs et aux grues giganstesques, des fleuves, et continuons d aller plein Est, au travers de la taiga.

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