samedi 26 juin 2010

Moscou-Irkoustk, suite.


Mercredi 23 juin – Jeudi 24 juin

Les nuits sont courtes, l obscurite est tres courte, vers 2h30, le jour se leve. Je dors peu, un peu deboussolee par la traversee des fuseaux horaires et le rythme des jours. Le Rossiya beneficie d un luxe particuliers au regard des autres trains, il est dote d air conditionne qui fonctionne de facon aleatoire, je finis par etre bien enrhumee! Le the chaud est reconfortant, jusqu a la tasse du Rossiya et sa petite cueillere, gravee et semblant brodee de petites fleurs. La vie tourne tranquillement dans le wagon, les connaissances se multiplient. Jeux de cartes, de dames, discussions et silences, grignotage et sieste. Je commence a lire la vie d Olympe de Gouge amenee de Paris, j ecris un peu. Les passagers changent a quelques gares, une colonie d adolescents s installe dans le wagon, a destination de Vladivostok ou se deroule un grand camp de vacances, apparemment tres connu et important en Russie. Quelques adolescents osent le dernier jour venir m aborder, ils me questionnent sur mes motivations a voyager, si j aime leur pays et les russes, ils tentent ainsi de pratiquer leur anglais sommaire, encourages par leur moniteur.


Je fais egalement la connaissance de deux militaires, Serguei et Anton, le contact est tres sympathique, toujours grace a l aide du phrasebook. Ils me dispensent une lecon de russe, ce qui donna lieu a quelques fou-rires. Mon niveau d etudes en France parait peu credible au regard de ma maladresse dans mes exercices d ecriture en lettres cyrilliques et dans ma lenteur a dechiffrer les mots…

Cote musique, les garcons me font ecouter de la techno que je trouve abominable, evoquant pour moi les annees 90’, ils apprecient par contre les chanteuses francaises et se passeront en boucle “Etrange” de Dobacaracol, seduits par le romantisme francais.

Je note que les hommes russes savent etre des plus gentlemen, corrects et attentionnes. Denis, entre autres, se soucia toujours de mes repas, me prepara des salades (a laquelle, il ajoute une certaine dose de mayonnaise, tres appreciee par les russes apparemment !). Malgre l absence de langue commune, nous nous amenageons les uns avec les autres un “train train” quotidien ;-).


Le paysage continue de se derouler sous nos yeux et change un peu après Perm et Iekaterinbourg. Toujours tres vert et tres boise, il se vallonne, et je constate que le bois doit etre source de travail dans la region. Sur les abords des villages, les steres s amoncellent. Les maisons sont baties de bois egalement, et charmantes. Certaines sont demeurees couleur bois naturel, d autres sont peintes en couleurs pastelles et vives : bleu ciel, bleu turquoise, vert, rouge. Leurs toits ont parfois un style particuliers, ayant l allure de coques de bateaux.

Nous longeons par moment des cimetieres de wagons de trains et de tanks militaires rouilles. De plus attendrissant, nous apercevons aussi de petits villages, eglises et cimetieres de campagne, mignons : au milieu des champs sont plantees de petites croix en bois peint et l herbe est parsemee de fleurs et d herbes hautes. Tout cela me donne la douce impression de traverser Wallnet Grove, je ne suis pas loin d imaginer Charles Ingalls, version Russe.

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